Les grandes compagnies de croisières
Quand partir en croisière ?
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| Pacifique Sud | ||||||||||||
| Océan Indien |
Repères indicatifs basés sur les saisons cycloniques et les périodes de navigation habituelles des compagnies. Aux Caraïbes, la saison des ouragans court de juin à novembre, avec un pic en septembre. En Méditerranée, la plupart des navires quittent le bassin en hiver. Dans le Pacifique Sud et l’océan Indien, la saison sèche australe offre les meilleures conditions.
Ce qui est compris dans le prix — et ce qui ne l'est pas
C'est la question qui décide de tout, et c'est celle que les prix d'appel escamotent. Sur une compagnie grand public, le tarif affiché couvre la cabine, la pension complète au buffet et au restaurant principal, les spectacles, les piscines, la salle de sport, les clubs enfants et le transport entre les escales. C'est déjà beaucoup.
Ne sont pas compris : les boissons autres que l'eau, les restaurants de spécialité, les excursions, le wifi, le spa, la blanchisserie, souvent les taxes portuaires — et surtout les frais de service, prélevés automatiquement à bord, par personne et par nuit, enfants compris.
Frais de service, barème 2026 (par personne et par nuit) : MSC 12 € en Méditerranée et Europe du Nord, 17 $ aux Caraïbes · Royal Caribbean 18,50 $ · Princess 18 $ · Celebrity 19,50 $ · Carnival 17 $ · Norwegian 20 $, non modifiables à bord · Costa de l'ordre de 10 à 12 € en Europe, avec demi-tarif pour les 4-14 ans.
Pour un couple sur sept nuits, cela représente entre 150 et 280 € qui n'apparaissent nulle part au moment de la réservation. Chez Ponant, CroisiEurope et Virgin Voyages, ils sont inclus dans le prix.
Ajoutez un détail qui surprend : un supplément de service de 15 à 20 % s'applique à chaque consommation, et aussi aux forfaits boissons — 15 % chez Costa, 18 % chez Royal Caribbean, 20 % chez Celebrity.
Le vrai budget d'une croisière
À l'échelle mondiale, la dépense moyenne d'un croisiériste s'établit autour de 286 $ par jour, dont 193 $ de billet et 82 $ dépensés une fois à bord. Autrement dit, près de 30 % du budget se décide après la réservation.
Concrètement, en Méditerranée, sept nuits en cabine double se vendent à partir de 339 € par personne chez Costa et 455 € chez MSC. Une fois ajoutés les frais de service, un forfait boissons, deux ou trois excursions et le wifi, la dépense réelle se situe plutôt entre 700 et 1 100 € par personne. Le prix d'appel représente donc, en gros, 40 à 50 % de ce qui sera payé.
Ce n'est pas un piège en soi, c'est un modèle économique : chez Ponant ou CroisiEurope, le prix affiché est bien plus élevé mais très proche du prix final, boissons et pourboires compris. La seule erreur serait de comparer les deux sur le tarif de départ.
Quelle cabine choisir
L'écart entre une cabine intérieure et une cabine avec balcon va de 22 % à 43 % selon les compagnies. Ce surcoût se justifie ou non selon l'itinéraire, pas selon le confort.
- Intérieure — le bon choix sur un itinéraire à escales quotidiennes, en Méditerranée ou aux Caraïbes, où l'on ne fait qu'y dormir. Noir complet, sommeil excellent. Le meilleur rapport qualité-prix pour une première croisière, sauf si l'on est claustrophobe.
- Extérieure avec hublot — le compromis. L'écart de prix est modéré et le repère visuel sur l'horizon aide réellement contre le mal de mer.
- Balcon — il se justifie là où le paysage est le voyage : fjords, Alaska, Antarctique, transatlantiques avec beaucoup de jours de mer. Sur une semaine en Méditerranée l'été, il achète surtout un balcon peu utilisé.
- Suite — ce que l'on paie, ce sont les services annexes (embarquement prioritaire, restaurant et zone réservés) plus que les mètres carrés. Attention, les frais de service y sont majorés.
Un réflexe qui compte plus que la catégorie : vérifier le plan des ponts. Une cabine à l'aplomb du théâtre, de la discothèque ou du pont piscine sera bruyante quelle que soit sa classe.
Partir d'un port français
Environ la moitié des croisiéristes rejoignent leur port en voiture, et c'est souvent ce qui fait basculer un budget : un vol vers les Caraïbes coûte 300 à 800 € par personne, soit parfois plus que la croisière elle-même.
Marseille est le premier port français, avec 2,6 millions de passagers en 2025 et un objectif de 2,8 millions en 2026 ; la gare Saint-Charles est à un quart d'heure du terminal. Le Havre, à deux heures de Paris, attend 139 escales en 2026 et sert de porte d'entrée aux croisières d'Europe du Nord et aux transatlantiques. Barcelone, Gênes et Savone sont accessibles en train. À l'inverse, Civitavecchia, Southampton et les ports de Floride supposent un vol.
À noter, Nice et Cannes ne sont plus que des ports d'escale pour les grandes unités : depuis 2026, Cannes plafonne à 6 000 croisiéristes par jour et Villefranche-sur-Mer à 2 500 passagers, un seul navire à la fois.
Les repositionnements, ou l'Atlantique à 45 € la nuit
La Méditerranée navigue d'avril à octobre ; mai, juin et septembre offrent 20 à 28 °C, des prix inférieurs de 20 à 30 % à ceux de l'été et beaucoup moins de monde. Les Caraïbes se visitent de novembre à avril, la saison des ouragans courant officiellement du 1er juin au 30 novembre avec un pic début septembre. Les fjords norvégiens et la Baltique se limitent à mai-septembre. Les Canaries et Madère prennent le relais d'octobre à avril. L'Antarctique se joue de novembre à mars, sous des règles strictes : 500 passagers maximum débarqués par navire et 100 personnes à terre à la fois.
Restent les transatlantiques de repositionnement, en avril-mai et en octobre-novembre, quand les navires changent d'hémisphère. Neuf jours des Canaries aux Antilles se trouvent à partir de 349 €, soit moins de 45 € la nuit. Trois raisons à cela : le navire doit faire le trajet de toute façon, il y a beaucoup de jours de mer et peu d'escales, et c'est un aller simple. Ce dernier point est décisif — chiffrez le vol retour avant de vous réjouir.
Le mal de mer
Il concerne jusqu'à un quart des passagers, stabilisateurs modernes compris. Ces derniers amortissent le roulis, pas le tangage, et ne servent à rien à l'arrêt. Deux règles simples : choisir une cabine au milieu du navire et sur un pont bas, là où l'amplitude des mouvements est minimale, et privilégier une cabine avec vue, le repère visuel sur l'horizon atténuant le conflit sensoriel à l'origine du malaise. Les grandes unités bougent nettement moins que les petites.
Les mers réputées difficiles : le golfe de Gascogne, le passage de Drake vers l'Antarctique, l'Atlantique Nord en hiver, le golfe du Lion par mistral. Si vous y êtes sensible, parlez-en à votre médecin avant le départ plutôt que de compter sur un bracelet d'acupression, dont l'efficacité n'est pas démontrée.
L'impact environnemental
Autant le dire sans détour : la croisière n'est pas un mode de voyage sobre. Une étude de Transport & Environment portant sur 2022 avait établi que les 218 navires de croisière opérant en Europe émettaient autant d'oxydes de soufre qu'un milliard de voitures, et que Marseille et Le Havre figuraient parmi les ports les plus exposés d'Europe.
Ces chiffres sont antérieurs à un changement majeur : depuis le 1er mai 2025, la Méditerranée entière est une zone à faible teneur en soufre, avec un plafond de 0,10 % contre 0,50 % ailleurs. Le branchement électrique à quai se généralise — Marseille peut alimenter simultanément trois navires de plus de 250 mètres. Venise a écarté les grandes unités de son bassin depuis 2021, avec une chute de 80 % de ses émissions de soufre ; Amsterdam plafonne à 100 escales par an à partir de 2026 ; Barcelone réduit sa capacité quotidienne de 16 % et double sa taxe de transit.
Le gaz naturel liquéfié, souvent présenté comme la solution, mérite une nuance : il réduit fortement le soufre et les particules, mais le méthane imbrûlé qu'il relâche a un pouvoir de réchauffement 82,5 fois supérieur à celui du CO₂ sur vingt ans. Les leviers individuels sont limités mais réels : préférer un port accessible en train, choisir un navire récent branchable à quai, éviter les destinations en surtourisme aux périodes de pointe.
Cinq erreurs de la première croisière
- Comparer les prix d'appel entre compagnies. Sans les frais de service, les taxes portuaires, les boissons et le transport jusqu'au port, la comparaison n'a aucun sens.
- Prendre le forfait boissons par principe. Il devient rentable autour de cinq à huit consommations par jour. Sur un itinéraire à escales quotidiennes, où l'on passe huit heures à terre, il l'est rarement — et chez MSC, il doit être souscrit par tous les occupants de la cabine.
- Choisir un itinéraire trop dense. Sept escales en sept jours, c'est descendre à 8 h et remonter à 17 h chaque jour. Un ou deux jours de mer changent complètement le séjour.
- Réserver son vol le jour de l'embarquement. Arrivez la veille : près des deux tiers des croisiéristes ajoutent une nuit d'hôtel avant ou après, et ce n'est pas par confort.
- Réserver ses excursions à l'extérieur sans marge. Une excursion vendue à bord coûte plus cher, mais le navire attend en cas de retard. En indépendant, il ne vous attendra pas : prévoyez au minimum une heure et demie de battement.
Dernier conseil de calendrier : la wave season, de janvier à mars, concentre les promotions — mais relevez les prix avant qu'elle ne commence, une remise de 50 % pouvant porter sur un tarif que personne ne paie. Et achetez les forfaits boissons, le wifi et les excursions avant l'embarquement : c'est presque toujours moins cher qu'à bord.
Conseils pour bien choisir votre croisière
Choisissez d’abord votre région de navigation — les Caraïbes en hiver, la Méditerranée d’avril à octobre, le Pacifique en saison sèche — puis comparez les itinéraires et les escales proposés par chaque compagnie. Réservez tôt : les meilleures cabines partent vite et les tarifs anticipés sont souvent les plus avantageux. Consultez nos guides d’îles pour préparer chaque escale.