Dix îles, et un piège : elles ne se ressemblent pas. On peut passer une semaine au Cap-Vert allongé sur une plage de sable blond sans jamais voir une montagne, ou marcher six jours dans des vallées vertigineuses sans jamais se baigner. Choisir la mauvaise île, c'est rater le voyage qu'on était venu chercher.

Guide Dem-Tukki · mis à jour en septembre 2026

🗺️ Les dix îles en un tableau

L'archipel se divise en deux groupes : au nord les Barlavento (îles du vent), au sud les Sotavento (îles sous le vent). Santa Luzia, inhabitée, est une réserve naturelle : elle ne se visite qu'en excursion depuis São Vicente.

ÎleCe qu'on y trouveAéroportPour qui
SalDunes, longues plages, Santa Maria, spots de glisseOui — internationalPlage, kitesurf, premier séjour
Boa VistaDésert de sable, plages immenses, tortuesOui — internationalPlage, calme, resorts
SantiagoPraia la capitale, Cidade Velha (UNESCO), montagnes intérieuresOui — internationalHistoire, ville, immersion
São VicenteMindelo, musique créole, vie nocturne, Baía das GatasOui — internationalCulture, musique, base pour Santo Antão
Santo AntãoVallées de Paul et Ribeira Grande, sentiers vertigineuxNon — ferryRandonnée, paysages
FogoPico do Fogo (2 829 m), caldeira, vignes sur la laveOui — vol intérieurVolcan, ascension, vin
São NicolauMonte Gordo, villages agricoles, peu de touristesOui — vol intérieurRandonnée tranquille
MaioPlages désertes, salines, rien à faireOui — vol intérieurDéconnexion totale
BravaL'île aux fleurs, la plus petite habitéeNon en pratique — ferryVoyageurs patients
Santa LuziaInhabitée, réserve naturelleNonExcursion à la journée

🏖️ Le Cap-Vert des plages : Sal et Boa Vista

Ce sont les deux îles vers lesquelles convergent la quasi-totalité des vols directs depuis l'Europe, et elles se ressemblent plus entre elles qu'avec le reste de l'archipel : du sable, du vent, peu de relief, et des hôtels conçus pour qu'on n'ait pas besoin d'en sortir.

Sal est la plus équipée et la plus animée. Santa Maria, à la pointe sud, aligne restaurants, écoles de kitesurf et boutiques sur quelques rues que l'on parcourt à pied. C'est l'île la plus simple pour un premier séjour, et de loin la meilleure pour les sports de glisse : de décembre à mars, l'alizé souffle fort et régulier.

Boa Vista est plus vaste, plus vide et plus sauvage — un désert posé sur l'océan, avec des plages qui se comptent en kilomètres et presque personne dessus. L'île accueille l'une des plus importantes populations de tortues caouannes de l'Atlantique, qui viennent pondre de juin à octobre. En contrepartie, tout est loin : sans véhicule ni excursion, on reste dans son hôtel.

Si vous hésitez entre les deux : Sal pour la vie et les activités, Boa Vista pour l'espace et le silence. Ni l'une ni l'autre ne donnera une idée juste du Cap-Vert dans son ensemble.

🥾 Le Cap-Vert qui se marche : Santo Antão et Fogo

Santo Antão est l'autre Cap-Vert, celui qui surprend ceux qui n'attendaient que des plages. Des vallées profondes, vertes, cultivées en terrasses jusqu'à des pentes invraisemblables, des sentiers pavés qui relient des hameaux sans route, et du dénivelé en permanence. La vallée de Paul et la Ribeira Grande concentrent les plus beaux itinéraires. On y marche plusieurs jours en dormant chez l'habitant.

Fogo se résume à son volcan, et c'est déjà beaucoup. Le Pico do Fogo culmine à 2 829 mètres au centre d'une caldeira où des villages se sont réinstallés sur les coulées de la dernière éruption. On y cultive la vigne et le café à même la lave. L'ascension se fait en une longue journée avec un guide, et São Filipe, la petite capitale coloniale, vaut le détour à elle seule.

🎶 Le Cap-Vert des villes : São Vicente et Santiago

Mindelo, sur São Vicente, est le cœur culturel de l'archipel — la ville de Cesária Évora, dont l'aéroport porte le nom. Les bars à musique y jouent la morna et la coladeira jusqu'à tard, le carnaval y est le plus vivant du pays, et la baie est magnifique. L'île elle-même est sèche et peu spectaculaire : on vient pour la ville, pas pour les paysages.

Santiago est la plus grande et la plus peuplée. Praia, la capitale, est une vraie ville africaine, dense et affairée, qui plaira à ceux qui cherchent l'immersion plutôt que le confort. À une vingtaine de minutes de là, Cidade Velha — premier établissement européen sous les tropiques, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO — mérite la visite. L'intérieur montagneux, autour de Serra Malagueta, se randonne aussi.

🌾 Le Cap-Vert sans personne : Maio, Brava, São Nicolau

Trois îles où l'on ne va pas par hasard. Maio, à quelques minutes de vol de Santiago, aligne des plages désertes et des salines, et ne propose à peu près rien d'autre — c'est exactement son intérêt. São Nicolau, dominée par le Monte Gordo, offre de la randonnée dans une atmosphère agricole et tranquille. Brava, la plus petite habitée, surnommée l'île aux fleurs, ne s'atteint que par ferry depuis Fogo : il faut du temps et de la souplesse.

✈️ La question qui décide de tout : l'aéroport

C'est le point que les brochures passent sous silence, et c'est celui qui structure un itinéraire au Cap-Vert. Sept îles habitées ont un aéroport en service, deux n'en ont pas.

Quatre accueillent les vols internationaux : Sal (Amílcar Cabral), Boa Vista (Aristides Pereira), Santiago-Praia (Nelson Mandela) et São Vicente-Mindelo (Cesária Évora). Trois autres ne sont desservies qu'en vol intérieur : Fogo (São Filipe), São Nicolau et Maio.

Santo Antão n'a pas d'aéroport. Celui de Ponta do Sol a été fermé pour raisons de sécurité après le crash du vol TACV 5002, le 7 août 1999, qui avait fait 18 victimes. Depuis, l'île ne s'atteint que par la mer, depuis Mindelo. Brava possède une piste, à Esperadinha, mais les vents y rendent l'exploitation commerciale si aléatoire qu'elle n'est pas une option : là encore, c'est le ferry.

Bonne nouvelle pour Santo Antão : la traversée Mindelo — Porto Novo est la liaison la plus fiable de l'archipel. Cinquante minutes à une heure, une quinzaine de départs par semaine, autour de 15 € l'aller. Elle fonctionne toute l'année et se réserve sans difficulté.

Les autres lignes maritimes sont une autre affaire : deux à trois rotations hebdomadaires, des traversées de 4 à 13 heures selon les routes, entre 19 et 61 € environ, et des horaires qui bougent avec la météo et la demande. Elles dépannent, mais on ne construit pas un itinéraire serré dessus.

Les opérateurs de vols intérieurs ont changé plusieurs fois ces dernières années. Vérifiez les liaisons et les horaires au moment de réserver plutôt que de vous fier à un tableau, le nôtre compris.

🔀 Combiner deux îles : les paires qui marchent

Une semaine sur une seule île suffit rarement à comprendre le Cap-Vert, et dix jours sur trois îles se transforment vite en voyage de transferts. La bonne mesure, pour un séjour d'une à deux semaines, c'est deux îles.

CombinaisonLiaisonCe que ça donne
São Vicente + Santo AntãoFerry, 1 h, très fiableLa meilleure paire de l'archipel : musique et ville d'un côté, randonnée de l'autre
Santiago + FogoVol intérieur courtHistoire, capitale et volcan
Sal + Boa VistaVol intérieurDeux fois la même chose — à éviter sauf si vous ne cherchez que la plage
Sal + Santo AntãoVol puis ferry, une journée de transfertLe grand écart, faisable en deux semaines
Santiago + MaioVol très courtLa ville, puis la décompression totale

📅 Quand partir

Le Cap-Vert se visite toute l'année — c'est l'un de ses arguments. Deux saisons se distinguent malgré tout.

De novembre à juin, c'est la saison sèche : très ensoleillée, très peu de pluie, entre 20 et 28 °C. De juillet à octobre, il fait plus chaud (23 à 29 °C) et plus humide, les pluies se concentrant en septembre et octobre — sans rien de comparable à une mousson, mais les averses existent et la végétation reverdit, ce qui rend d'ailleurs Santo Antão particulièrement belle en fin d'été.

Le vent est le vrai critère. Il souffle fort de décembre à mars : excellent pour le kitesurf et la planche à voile à Sal, beaucoup moins agréable pour lézarder sur une plage. Juin est souvent le meilleur compromis — vent retombé, chaleur pas encore installée, mer à 23 °C.

La mer, justement, ne descend jamais sous 22 °C et monte à 27 °C en octobre. Se baigner n'est jamais un problème au Cap-Vert.

🛂 Formalités : EASE, taxe, passeport

C'est là que beaucoup de voyageurs se font surprendre, parce que la procédure a changé et qu'elle se fait avant le départ.

Les ressortissants français n'ont pas besoin de visa pour un séjour de 30 jours maximum. Au-delà, et jusqu'à 90 jours, un visa touristique s'obtient auprès des consulats capverdiens ou à l'arrivée. Le passeport doit être valide au moins trois mois après la fin du séjour prévu.

En revanche, le pré-enregistrement EASE est obligatoire, sur ease.gov.cv, et doit être effectué au moins cinq jours avant l'arrivée. On y saisit les données du passeport, les dates, les numéros de vol et l'hébergement. C'est aussi à ce moment que se règle la taxe de sécurité aéroportuaire : 3 400 escudos, environ 30,83 €. Conservez la preuve de paiement : si le règlement en ligne n'a pas eu le temps d'être traité, vous risquez de devoir payer une seconde fois à l'arrivée.

L'entrée et la sortie du territoire doivent se faire par l'un des quatre aéroports internationaux — Praia, Sal, Mindelo, Boa Vista — ou par l'un des trois ports agréés.

⚖️ Le verdict

Si vous ne deviez retenir qu'une chose : le Cap-Vert balnéaire et le Cap-Vert de montagne sont deux pays différents, et le premier séjour se joue sur ce choix.

Pour un premier voyage avec des attentes de plage, Sal est le plus simple et le plus sûr. Pour comprendre l'archipel, la paire São Vicente + Santo Antão est imbattable : une heure de ferry sépare la ville la plus musicale du pays des plus belles vallées de l'Atlantique. Pour un voyage de marche, Santo Antão d'abord, Fogo ensuite.

Et quel que soit votre choix : faites l'EASE cinq jours avant, pas la veille.

❓ Questions fréquentes

Faut-il un visa pour le Cap-Vert ?

Non, pas pour un séjour de 30 jours maximum si vous êtes ressortissant français. Mais le pré-enregistrement EASE en ligne est obligatoire au moins cinq jours avant l'arrivée, avec le paiement de la taxe de sécurité aéroportuaire de 3 400 escudos, environ 30,83 €. Le passeport doit rester valide trois mois après la fin du séjour.

Quelle île choisir pour un premier voyage au Cap-Vert ?

Sal si vous venez pour la plage et voulez que tout soit simple : vols directs, hôtels, restaurants et activités concentrés à Santa Maria. São Vicente si vous préférez la culture et comptez enchaîner sur Santo Antão par le ferry.

Peut-on aller à Santo Antão en avion ?

Non. L'aéroport de l'île est fermé depuis 1999 pour raisons de sécurité. On y accède par le ferry Mindelo — Porto Novo, environ une heure, une quinzaine de départs par semaine, autour de 15 € l'aller. C'est la liaison maritime la plus fiable du pays.

Combien d'îles visiter en une semaine ?

Une, ou deux si elles sont bien reliées. La paire São Vicente + Santo Antão fonctionne parfaitement sur sept jours grâce au ferry. Trois îles en une semaine, ce sont trois jours de transferts.

Quelle est la meilleure période pour partir au Cap-Vert ?

De novembre à juin pour le soleil et la sécheresse. Juin est souvent le meilleur compromis : le vent est retombé et la chaleur n'est pas encore installée. De décembre à mars le vent souffle fort, idéal pour le kitesurf à Sal, moins pour le farniente.

Le Cap-Vert est-il une destination sûre côté santé ?

C'est l'une des plus sûres de la région sur ce plan, sans paludisme sur la plupart des îles. Les recommandations sanitaires évoluant, consultez les sources officielles à jour avant de réserver.

🔗 Pour aller plus loin

Vous savez quelle île ?

Il reste à trouver où poser vos valises.

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La rédaction Dem-Tukki

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