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Senja est la deuxième plus grande île de Norvège, posée entre Tromsø et les Vesterålen, à plus de 69° nord. On la surnomme parfois « la Norvège en miniature » : côté mer, des pics acérés plongent dans des fjords profonds ; côté continent, des forêts, des fermes et un parc national. Moins connue que les Lofoten, elle offre des paysages aussi spectaculaires, avec beaucoup moins de monde.
Deux visages sur une même île
La côte ouest, qu’on appelle ici le « côté extérieur », concentre les images célèbres : les parois de Segla au-dessus du Mefjord, les « dents du diable » d’Okshornan, les villages de pêcheurs de Husøy, sur son îlot relié par une digue, de Mefjordvær ou de Gryllefjord. L’est et le sud sont plus doux, couverts de pinèdes et de tourbières autour du parc national d’Ånderdalen.
La route touristique nationale Senja relie Botnhamn à Gryllefjord sur 102 km. Elle ponctue le parcours d’aires signées par des architectes : la plateforme panoramique de Bergsbotn au-dessus du Bergsfjord, la passerelle en mélèze de Tungeneset face aux pics, la plage aménagée d’Ersfjordstranda.
L’île est reliée au continent par le pont de Gisund, à Finnsnes, qui sert de porte d’entrée. Hamn i Senja rappelle un passé industriel inattendu : une mine de nickel au XIXe siècle et l’une des premières centrales hydroélectriques au monde, construite en 1882.
Deux voyages opposés
Du 20 mai au 24 juillet environ, le soleil de minuit éclaire les randonnées (Segla, Hesten, Husfjellet), les sorties en kayak et le road trip sur la route touristique. En été, un ferry relie aussi Gryllefjord à Andenes, dans les Vesterålen, pour enchaîner avec les Lofoten.
De septembre à avril, Senja devient une destination d’aurores boréales, loin de la pollution lumineuse de Tromsø. De janvier à mars, on y ajoute raquettes, ski de randonnée, chiens de traîneau et pêche au skrei. La conduite demande alors de l’expérience, et les aires de Bergsbotn et Tungeneset sont fermées : les activités guidées sont recommandées.
Tromsø, un ferry et une route à prendre son temps
L’aéroport le plus proche est Bardufoss, à environ une heure de l’île, desservi depuis Oslo. La plupart des voyageurs passent pourtant par Tromsø : de là, on rejoint Senja par la route, par le ferry Brensholmen–Botnhamn (environ 35 minutes, toute l’année) ou par le bateau express Tromsø–Finnsnes. En hiver, un bus direct relie aussi Tromsø à l’ouest de l’île.
La voiture reste le moyen le plus simple : les villages sont dispersés et les bus rares. Les routes sont sinueuses, souvent à une voie avec des aires de croisement, et les détours vers Husøy ou Mefjordvær sont des culs-de-sac : prévoyez trois à cinq jours pour en profiter.
L’essentiel
| Porte d’entrée | Finnsnes (sur le continent) |
|---|---|
| Superficie | 1 586 km² |
| Langue | Norvégien (anglais très répandu) |
| Monnaie | Couronne norvégienne (NOK) |
| Visa | Non requis (Schengen) |
On vous répond
Faut-il une voiture à Senja ?
En pratique oui : les villages sont dispersés et les bus rares. En hiver, le bus direct depuis Tromsø et les séjours guidés sont une bonne alternative.
Peut-on relier Senja aux Lofoten ?
Oui en été : le ferry Gryllefjord–Andenes (mi-mai à fin septembre, sans réservation) mène aux Vesterålen, d’où l’on descend vers les Lofoten par la route.
Senja ou Tromsø pour les aurores ?
Senja offre un ciel plus sombre, loin des lumières de la ville ; Tromsø est plus accessible et propose davantage d’excursions.
Photo : Ximonic (Simo Räsänen), CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons