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Au large de la Guinée-Bissau, l’archipel des Bijagós aligne quelque 88 îles et îlots, dont une vingtaine seulement sont habités en permanence. Seul archipel deltaïque actif de la côte atlantique africaine, il est réserve de biosphère depuis 1996 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2025. Mangroves, vasières et plages désertes y abritent des hippopotames vivant en eau salée, des dizaines de milliers de nids de tortues vertes et des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs. Les Bijagos, peuple animiste attaché à ses îles sacrées, y ont préservé une culture singulière. Le tourisme reste confidentiel, autour de quelques lodges.
Où se trouve l’archipel des Bijagós ?
L’archipel des Bijagós s’étend dans l’océan Atlantique, à une soixantaine de kilomètres au large de Bissau, capitale de la Guinée-Bissau. Formé par les anciens deltas des fleuves Geba et Grande de Buba, il dessine un dédale d’îles basses, de chenaux et de bancs de sable qui découvrent à marée basse. Il forme la région de Bolama-Bijagós, dont le chef-lieu est la ville de Bolama, sur l’île du même nom. La plus grande île est Orango, environ 272 km², au sud-ouest, tandis que Bubaque, au centre, concentre l’essentiel des services.
On distingue plusieurs ensembles. Au centre, Bubaque, Rubane et Soga sont les plus accessibles, avec quelques lodges et une piste d’atterrissage à Bubaque. Au sud, le parc national d’Orango regroupe Orango, Orangozinho, Meneque, Imbone et Canogo, tandis que le parc national marin de João Vieira-Poilão protège un groupe d’îlots plus isolés. À l’est, Canhabaque se distingue par ses traditions, et au nord, Formosa, Nago et Chediã forment l’aire marine protégée communautaire d’Urok. Beaucoup d’îles, réservées aux rites, restent inhabitées.
Histoire et culture
Les Bijagos, qui ont donné leur nom à l’archipel, y vivent depuis des siècles en communautés villageoises animistes. Navigateurs redoutés, ils ont longtemps résisté à la colonisation portugaise, et l’archipel n’a été entièrement soumis que dans les années 1930. Bolama fut la capitale de la Guinée portugaise jusqu’en 1941 ; ses bâtiments coloniaux à l’abandon, envahis par la végétation, rappellent cette époque. Sur Orango, le souvenir de la reine Okinka Pampa, morte en 1930, reste vivant, et sa tombe à Eticoga est un lieu de mémoire.
La société bijago accorde une place importante aux femmes, notamment sur Canhabaque et Orango, où elles jouent un rôle central dans la vie domestique, économique et religieuse. Les rites d’initiation, dont le fanado, se déroulent dans des forêts et sur des îles sacrées interdites aux étrangers et parfois à une partie des habitants. Les masques de taureau, de requin ou de poisson-scie animent les danses, notamment lors du carnaval de Bubaque en février. Cette gestion traditionnelle des ressources explique en grande partie la bonne conservation de l’archipel.
Que voir dans les Bijagós ?
Bubaque est la porte d’entrée de l’archipel : son petit port, son marché et ses pistes rouges mènent à la plage de Bruce, au sud, longue étendue de sable presque déserte. Rubane, juste en face, accueille plusieurs lodges tournés vers la pêche. De là, les bateaux rejoignent Bolama et sa ville coloniale fantôme, ou Canhabaque et ses villages traditionnels, que l’on visite accompagné d’un guide et dans le respect des interdits locaux. Certains lodges organisent aussi des visites de villages comme Caravela ou Carache, au nord de l’archipel.
Au sud, le parc national d’Orango est célèbre pour ses hippopotames qui vivent dans les lagunes et se baignent en mer, un cas unique sur le continent africain. On les observe avec un guide depuis le village d’Eticoga, où se trouve aussi la tombe de la reine Okinka Pampa. Plus loin, le parc national marin de João Vieira-Poilão protège l’un des principaux sites de ponte de tortues vertes de l’Atlantique ; l’accès à Poilão, île sacrée, est strictement encadré. Les îles désertes et leurs bancs de sable se découvrent au fil des croisières.
Plages, mer et nature
Les plages des Bijagós sont parmi les plus sauvages d’Afrique de l’Ouest : sable blond, palmiers et forêts qui descendent jusqu’à l’eau, sans constructions. Les marées, très marquées, découvrent d’immenses vasières et bancs de sable : la baignade est plus agréable à marée haute, et il faut se méfier des courants dans les chenaux. L’archipel est réputé pour la pêche sportive : carangues, barracudas, capitaines, mérous et requins attirent des pêcheurs du monde entier, qui pratiquent souvent le no-kill, d’octobre à mai environ.
Selon l’UNESCO, plus de 280 espèces d’oiseaux fréquentent l’archipel, qui compte parmi les principales zones d’hivernage des oiseaux limicoles venus d’Europe. À Poilão, les tortues vertes pondent surtout de juin à décembre, avec un pic en août et septembre, et plus de 60 000 nids ont été recensés en 2020. Lamantins, dauphins et requins fréquentent aussi les eaux de l’archipel. Les parcs nationaux d’Orango et de João Vieira-Poilão sont gérés par l’IBAP : une autorisation et un droit d’entrée sont généralement demandés, ce que les lodges organisent pour leurs clients.
Venir et se déplacer
Il n’existe pas de vol direct entre la France et Bissau. L’aéroport international Osvaldo Vieira (OXB) est desservi notamment par TAP Air Portugal depuis Lisbonne, Royal Air Maroc via Casablanca et Air Sénégal via Dakar ; comptez au moins une escale depuis Paris. Pour rejoindre les îles, la compagnie Consulmar assure une liaison régulière en ferry entre Bissau et Bubaque, d’environ quatre heures selon la marée, et propose des vedettes rapides. Horaires et rotations changent souvent : vérifiez-les auprès des opérateurs avant de partir.
La compagnie Air Bijagos, basée à Bubaque, propose des vols réguliers ou à la demande vers Bissau et des survols de l’archipel. Entre les îles, tout se fait en bateau : la plupart des lodges organisent les transferts depuis Bissau ou Bubaque à bord de vedettes équipées. Les autorités françaises déconseillent fortement les pirogues collectives, souvent surchargées, et recommandent les bateaux des hôtels, dotés d’équipements de sécurité. Sur les îles, on circule surtout à pied ou à vélo ; seuls quelques véhicules roulent sur les pistes de Bubaque.
Meilleure période, budget et formalités
La meilleure période correspond à la saison sèche, de novembre à mai, avec des températures de 25 à 30 °C, une mer plus calme et la pleine saison de pêche. De juin à octobre, la saison des pluies apporte de fortes averses et rend les traversées difficiles ; de nombreux lodges ferment alors. C’est pourtant la saison de ponte des tortues à Poilão, accessible seulement dans un cadre très encadré. En février, le carnaval de Bubaque permet de découvrir les masques et les danses bijago.
La monnaie est le franc CFA (XOF), à parité fixe avec l’euro (1 € = 655,957 FCFA) ; retirez des espèces à Bissau, car les cartes sont rarement acceptées dans les îles. Les Français ont besoin d’un visa, à demander à l’ambassade de Guinée-Bissau à Paris ; le visa à l’arrivée n’est possible que dans des cas particuliers. Les frais consulaires sont d’environ 60 € pour un visa touristique, à titre indicatif. Le certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé et le paludisme est présent. Comptez souvent plus de 100 € par jour en pension complète dans les lodges.
L’essentiel
| Capitale | Bubaque (pôle touristique) et Bolama (chef-lieu de région) ; capitale de la Guinée-Bissau : Bissau |
|---|---|
| Superficie | 88 îles et îlots, dont une vingtaine habités ; Orango, la plus grande, environ 272 km² |
| Langue | Portugais (officiel), créole de Guinée-Bissau et bijago |
| Monnaie | Franc CFA (XOF) ; parité fixe 1 € = 655,957 FCFA |
| Formalités | Visa obligatoire pour les Français, à demander à l’ambassade à Paris ; passeport valide 6 mois ; vaccin contre la fièvre jaune exigé |
| Accès | Aéroport de Bissau (OXB) via Lisbonne, Casablanca ou Dakar, puis ferry Consulmar ou vedette vers Bubaque |
| Meilleure période | De novembre à mai (saison sèche) ; ponte des tortues de juin à décembre |
On vous répond
Comment aller aux îles Bijagós depuis la France ?
Il faut d’abord rejoindre Bissau, sans vol direct depuis Paris : on passe par Lisbonne avec TAP, par Casablanca avec Royal Air Maroc ou par Dakar avec Air Sénégal. De Bissau, le ferry Consulmar ou une vedette rapide rejoint Bubaque en quelques heures, et les lodges organisent les transferts vers les autres îles.
Faut-il un visa pour la Guinée-Bissau ?
Oui, les Français doivent obtenir un visa avant le départ auprès de l’ambassade de Guinée-Bissau à Paris ; le visa à l’arrivée n’est accordé que dans des cas particuliers. Le passeport doit être valide six mois et le certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé.
Quelle est la meilleure période pour visiter les Bijagós ?
La saison sèche, de novembre à mai, est la plus favorable, avec une mer plus calme et la plupart des lodges ouverts. De juin à octobre, les pluies compliquent les traversées et beaucoup d’hébergements ferment.
Où voir les hippopotames de mer ?
Sur l’île d’Orango, dans le parc national du même nom, les hippopotames vivent dans les lagunes et se baignent en mer. Les sorties se font avec un guide depuis le village d’Eticoga, souvent organisées par l’hôtel de l’île.
Comment se déplacer entre les îles ?
Il n’y a pas de bateau public entre la plupart des îles : les lodges organisent les transferts en vedette, et des croisières en catamaran parcourent les parcs nationaux. Évitez les pirogues collectives surchargées, déconseillées par les autorités françaises.
Les Bijagós sont-ils une bonne destination de pêche ?
Oui, l’archipel est réputé pour la pêche sportive aux carangues, barracudas, capitaines et requins, d’octobre à mai environ. Plusieurs lodges de Bubaque, Rubane et Kéré sont spécialisés et fournissent bateaux, guides et matériel.
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← Découvrir toutes les îlesPhoto : R.S. Puijk, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons