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Au sud de la Petite-Côte, à moins de deux heures de route de l’aéroport de Dakar, le delta du Saloum déploie plus de 200 îles et îlots bordés de mangroves et découpés par des chenaux d’eau salée, les bolongs. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011 pour ses amas de coquillages millénaires, il est aussi un parc national et une réserve de biosphère riche en oiseaux. On le découvre depuis les villages-portes de Ndangane, Toubacouta, Palmarin ou Djiffer, avant de rejoindre en pirogue Mar Lodj, Dionewar ou Niodior. Ici, campements et écolodges remplacent les grands hôtels.
Où se trouvent les îles du Saloum ?
Le delta du Saloum occupe le centre-ouest du Sénégal, dans les régions de Fatick et de Kaolack, là où le Saloum, le Diomboss et le Bandiala se perdent dans l’Atlantique. Il commence au sud de Joal-Fadiouth et s’étend jusqu’aux abords de la frontière gambienne. Le bien inscrit par l’UNESCO couvre environ 145 800 hectares de chenaux saumâtres, de mangroves, de forêt sèche et de littoral. Les principaux villages d’accès sont Ndangane et Fimela au nord, Palmarin et Djiffer sur la côte, Foundiougne au centre, puis Toubacouta et Sokone au sud-est.
Les îles forment plusieurs ensembles. Au nord, l’île de Mar Lodj, avec ses villages de Mar Lodj, Mar Soulou et Mar Fafako, fait face à Ndangane. Plus au sud, l’archipel du Gandoul réunit Dionewar, Niodior et Falia, tandis que Djirnda, Bassoul ou Bétenti occupent le cœur du delta. Côté océan, la pointe de Sangomar, longue flèche de sable coupée par la mer en 1987, protège l’embouchure. Beaucoup d’îlots sont inhabités et émergent à peine des eaux, et la marée rythme la navigation dans les bolongs.
Histoire et culture
Le delta est habité depuis des millénaires, comme en témoignent les 218 amas coquilliers recensés par l’UNESCO, dont certains s’étirent sur plusieurs centaines de mètres. Vingt-huit d’entre eux portent des tumulus funéraires où les archéologues ont découvert un mobilier remarquable. Ces collines de coquillages, nées de siècles de pêche et de cueillette, racontent le peuplement de la côte ouest-africaine. Le territoire fut ensuite partagé entre les royaumes sérères du Sine et du Saloum, dont les noms survivent dans celui de la région, souvent appelée le Sine-Saloum.
Aujourd’hui, les îles sont surtout peuplées de Sérères Niominka, pêcheurs et navigateurs réputés, tandis que les Socés, d’origine mandingue, dominent autour de Toubacouta. La vie suit le rythme de la pêche, de la cueillette des huîtres de palétuviers par les femmes et du séchage du poisson. Les traditions restent vivaces : lutte, chants et tam-tams, croyances liées aux esprits protecteurs. À Fatick, les saltigués, devins sérères, se réunissent chaque année pour le Xooy, cérémonie de divination précédant la saison des pluies, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
Que voir dans le Saloum ?
La pirogue reste le meilleur moyen de découvrir le delta. Depuis Ndangane, on rejoint en une vingtaine de minutes l’île de Mar Lodj, ses villages, ses baobabs et ses champs, que l’on parcourt en charrette. Les excursions à la journée mènent aussi à Dionewar et à Niodior, gros villages de pêcheurs de l’archipel du Gandoul, ou à l’île aux Oiseaux, reposoir où se rassemblent pélicans, cormorans et sternes au coucher du soleil. Plus au nord, Joal-Fadiouth et son île de coquillages font une belle introduction au delta.
Au sud, Toubacouta sert de base pour explorer les bolongs du Niombato, l’aire marine protégée du Bamboung et le petit village insulaire de Sipo. Le centre d’interprétation du delta du Saloum y présente la faune et les cultures de la région. Non loin, la réserve de Fathala, 6 000 hectares de forêt protégée, propose des safaris en véhicule et une marche accompagnée avec des lions. À Palmarin, marais salants, lagunes et réserve naturelle communautaire complètent le tableau, au milieu des baobabs et des palmiers.
Plages, mangroves et nature
Le delta est d’abord un paradis pour les oiseaux. Le parc national du delta du Saloum, créé en 1976, et la réserve de biosphère accueillent de nombreuses espèces nicheuses et des milliers de migrateurs venus d’Europe entre novembre et avril. Sternes, pélicans, hérons, flamants et aigles pêcheurs s’observent depuis la pirogue, surtout à marée basse. Dans la mangrove, les palétuviers servent de nurserie aux poissons, et les huîtres accrochées à leurs racines sont récoltées à la main. Des dauphins fréquentent l’embouchure, tandis que phacochères et singes peuplent les forêts.
Côté plages, la façade atlantique offre de longues étendues de sable à Palmarin, à Djiffer et sur la pointe de Sangomar, tandis que Dionewar possède des plages tournées vers l’océan. Dans les bolongs, l’eau calme se prête à la baignade à marée haute, au kayak et au paddle, mais les courants peuvent être forts près des passes. La pêche sportive est une autre spécialité : barracudas, carangues et capitaines se pêchent surtout d’octobre à juin. Respectez la réglementation du parc national et des aires marines protégées, où certaines zones sont interdites à la pêche.
Venir et se déplacer
L’aéroport international Blaise-Diagne (DSS), à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, est la porte d’entrée. Air France et Air Sénégal le relient à Paris-Charles-de-Gaulle en vol direct d’environ 5 h 45, Transavia le dessert depuis plusieurs villes de province en hiver et TAP propose des vols depuis Lisbonne. Comptez ensuite environ 1 h 30 de route jusqu’à Ndangane, un peu plus jusqu’à Palmarin et de deux heures et demie à trois heures jusqu’à Toubacouta. Horaires et liaisons évoluent souvent : vérifiez-les auprès des compagnies avant de partir.
Sur place, la voiture avec chauffeur, le taxi sept-places et les transferts organisés par les campements sont les solutions les plus pratiques. Depuis 2022, le pont Nelson-Mandela, long de 1,3 km, relie Foundiougne à Dakhonga et facilite la traversée du Saloum. Pour les îles, tout se fait en pirogue : depuis Ndangane ou Dangane Sambou vers Mar Lodj, depuis Djiffer vers Dionewar et Niodior, ou depuis Toubacouta vers les bolongs du sud. Les campements insulaires viennent chercher leurs clients au débarcadère, où l’on laisse sa voiture sur un parking gardé.
Meilleure période, budget et formalités
La meilleure période s’étend de novembre à juin, pendant la saison sèche : ciel dégagé, températures agréables et pistes praticables. De décembre à février, les nuits sont plus fraîches et l’harmattan peut voiler le ciel de poussière. L’hivernage, de juillet à octobre, apporte des pluies orageuses, une chaleur humide et davantage de moustiques, mais aussi une végétation luxuriante et des prix plus doux ; renseignez-vous alors sur les dates d’ouverture des campements. Pour les oiseaux migrateurs, visez plutôt la période de novembre à avril.
La monnaie est le franc CFA (XOF), à parité fixe avec l’euro : 1 € vaut 655,957 FCFA. Les distributeurs se trouvent dans les villes comme Mbour, Joal, Fatick ou Kaolack, mais pas sur les îles : prévoyez des espèces. Les Français n’ont pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours, mais leur passeport doit être valide plus de six mois. Le vaccin contre la fièvre jaune est recommandé et le paludisme est présent : consultez un médecin. À titre indicatif, comptez d’une vingtaine d’euros la nuit en campement simple à plus de 150 € en lodge haut de gamme.
L’essentiel
| Capitale | Pas de ville principale : Foundiougne, Toubacouta, Ndangane ; capitale du Sénégal : Dakar |
|---|---|
| Superficie | Bien UNESCO d’environ 145 800 ha, plus de 200 îles et îlots |
| Langue | Français (officiel), sérère et wolof |
| Monnaie | Franc CFA (XOF) ; parité fixe 1 € = 655,957 FCFA |
| Formalités | Passeport valide plus de 6 mois ; pas de visa pour les Français pour un séjour de moins de 90 jours |
| Accès | Aéroport Dakar-Blaise-Diagne (DSS), puis 1 h 30 à 3 h de route ; pirogue vers les îles |
| Meilleure période | De novembre à juin (saison sèche) ; oiseaux migrateurs de novembre à avril |
On vous répond
Comment aller dans les îles du Saloum depuis la France ?
Air France et Air Sénégal relient Paris-Charles-de-Gaulle à l’aéroport Dakar-Blaise-Diagne en vol direct d’environ 5 h 45, et Transavia dessert Dakar depuis plusieurs villes de province en hiver. Il faut ensuite 1 h 30 à 3 h de route selon le village, puis une pirogue pour rejoindre les îles.
Faut-il un visa pour aller au Sénégal ?
Non, les Français n’ont pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours ; le passeport doit être valide plus de six mois. Le gouvernement sénégalais a évoqué une réciprocité des visas : vérifiez les règles en vigueur avant de partir.
Quelle est la meilleure période pour visiter le Sine-Saloum ?
La saison sèche, de novembre à juin, offre le meilleur temps et des pistes praticables. Pour les oiseaux migrateurs, visez novembre à avril ; l’hivernage, de juillet à octobre, est chaud, humide et pluvieux.
Comment se déplacer dans le delta du Saloum ?
Sur la terre ferme, on circule en voiture avec chauffeur, en taxi sept-places ou avec les transferts des campements. Les îles ne se rejoignent qu’en pirogue, depuis Ndangane, Djiffer ou Toubacouta.
Que faire dans les îles du Saloum ?
Les incontournables sont la balade en pirogue dans les bolongs, la visite de Mar Lodj en charrette, l’île aux Oiseaux au coucher du soleil et les villages de Dionewar et Niodior. On peut aussi pêcher, faire du kayak, visiter la réserve de Fathala ou l’île de coquillages de Fadiouth.
Où dormir dans le Saloum ?
L’offre repose sur des campements et des écolodges, souvent tenus par leurs propriétaires, à Ndangane, Mar Lodj, Palmarin, Fimela ou Toubacouta. Comptez à titre indicatif d’une vingtaine d’euros en campement simple à plus de 150 € la nuit en lodge haut de gamme.
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← Découvrir toutes les îlesPhoto : Issiaga0, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons